logo

Richard Mazelier, lanceur de couteaux

richard

Fils, arrière-petit-fils de coutelier, Richard Mazelier est le premier membre de sa famille, pedigree Thiers acier inoxydable grand teint, à avoir cassé le moule coutelier.

Monté à Paris, ce qui pour un Auvergnat n'a rien d'insurmontable, il y fit ce que tant y firent avant lui: ouvrir un restaurant. Dans son cas, multiplier le geste par cinq. Une première vie passée à l'enseigne brasserie, son seul contact avec le couteau demeurant celui du couvert. Et aussi du tartare. Il faut croire que tout individu originaire de Thiers, Claire Chazal exceptée, conserve au fond de lui un fragment d'ADN coutelier. Lequel peut remonter à la surface et chambouler une vie entière, déjà bien établie.

C'est ainsi que Richard Mazelier, 37 ans déclarés en dépit d'une allure d'éternel adolscent, a mis en gérance son activité bistrotière pour se consacrer à un projet qui lui tenait à coeur: Rendre hommage à un aïeul coutelier en lui consacrant une marque dédiée, intrinsèquement coutelière, authentiquement française. Avec plus value contemporaine de rigueur. Et pas la moins anodine. Avec usages décalés, pilotés, exigés par les nouveaux us du jour en cuisine à la clé. Sur le papier, l'acte fut simplissime. Sur le terrain, le circuit se révéla plus complexe. Placée sous les auspices de la création pure avec l'ami designer Cédric Ragot, sa première collection, osée, culottée, est indissociable du lancement de sa marque.

Henri Mazelier. Un osmose unique pour façonner l' héritage so français d'une tradition séculaire et familiale à la fois. Deux dans durant, Mazelier le jeune s'est ingénié à donner corps à Henri Mazelier. Ne comptant plus ses allers-retours Paris-Thiers, il a réussi à convaincre là-bas les fabricants les plus pointus du genre, fournisseurs des plus grands corps étatiques comme des maisons d'orfèvrerie les plus prestigieuses. Par-delà le processus industriel dont il a suscité et supervisé toutes les étapes, Richard Mazelier a également investi tout son temps pour habiller, habiter sa marque. Soucieux de ne trahir en rien l'héritage familial, c'est sous les moindres détails qu'il a envisagé son projet, papa Mazelier, plus coutelier qu'à son tour, ayant prodigué de son côté les justes conseils. Design, sourcing, graphisme, voyages, études de marché, conseillers: rien ni personne n'a été négligé, d'autant que ce sont souvent les amis proches qui ont été amplement sollicités, lui-même ayant le talent de quérir humblement celui ou ceux qu'il n'a pas (encore).

A Paris, Richard Mazelier roule en scooter, casqué de chic. L'attention qu'il porte aux accessoires et aux artefacts qu'il emporte partout avec lui est un traceur visible de ses goûts, de ses appétences. Avec Henri Mazelier, outre un rêve réalisé, Richard Mazelier s'est inventé un nouveau métier. La généalogie familiale est sauve, réunissant en un même élan les principes établis de la coutellerie: l'inventivité, la qualité, l'industrie et la famille. Avec cette première collection de couteaux inédits, jamais vus sous cet angle, il touche un premier but et devient un lanceur de couteaux, à sa manière, mais toujours fidèle à la ligne du parti coutelier: on ne coupe pas du pain comme on coupe du poisson...